Repenser l’engagement : comment l’apprivoiser pour des relations épanouies ?
- Maya Roberge

- 24 févr.
- 3 min de lecture
S’engager dans une relation amoureuse peut parfois paraître stressant et étouffant. Certaines personnes voient même cela comme une prison ! Pourtant, l’engagement peut s’avérer positif et enrichissant. Parlons-en.

L’amour en trois composantes
Qu’est-ce que l’amour? Pour répondre à cette question complexe, Robert Sternberg, psychologue, a développé en 1986 une théorie déclinant l’amour en trois composantes : l’intimité, la passion et l’engagement. Alors que l’intimité réfère au sentiment d’être en connexion avec l’autre, la passion désigne plutôt l’attirance physique et sexuelle ressentie à son égard. Quant à l’engagement, c’est la décision d’aimer et de rester en relation avec sa ou son ou ses partenaires sur le court et long terme.
Il existerait différents types d’amour, selon la présence de chacune des composantes. D’après ce concept, l’engagement serait crucial pour maintenir une relation épanouie. Pourtant, l’idée de s’engager peut être très anxiogène pour certaines personnes, ce qui mène parfois à l’évitement ou à la fuite des relations lorsque celles-ci deviennent plus sérieuses.
De la prison aux racines
Les discours sur la peur de l’engagement sont fréquents et multiples: crainte d’être pris.e au piège dans une relation malheureuse, peur de ne pas faire le bon choix, risque de fermer la porte à des possibilités… Derrière ces inquiétudes, on entend l’idée qu’une relation amoureuse incluant un engagement s’apparenterait à une prison qui nous retirerait notre liberté. La bonne nouvelle ? On peut changer de perspective.
Prenons l’image d’un arbre. Imaginons que cet arbre représente une relation amoureuse: pour être épanoui, il a besoin de soleil (la passion, la chaleur) et d’eau (l’intimité), mais également de nutriments provenant du sol. Pour y parvenir, l’arbre doit se déposer et faire ses racines, tout comme l’engagement permet aux partenaires de s’enraciner dans la relation. L’engagement est une opportunité de croissance plutôt qu’un retrait de liberté. Toutefois, si la relation n’est plus enrichissante ou positive, il est possible de déraciner l’arbre et lui permettre de refaire ses racines ailleurs. L’engagement reste donc un choix conscient et libre.
Tendre vers l’engagement
Voici quelques conseils pour déconstruire sa peur de l’engagement.
Respecter son rythme
Il est normal que l’idée de s’engager dans une relation fasse émerger toutes sortes d’émotions. À travers l’exploration d’une nouvelle relation, le respect du rythme et l’écoute des ressentis sont des éléments essentiels pour tendre vers un engagement qui convient aux partenaires.
Communiquer
Chaque personne a des besoins et limites qui diffèrent quant à l’engagement. Afin de s’assurer que la relation convient à tous.tes, on doit ouvrir le dialogue sur ce sujet. Cela permet de s’exprimer et de ne pas rester seul.e avec ses craintes et d’aider à respecter son rythme dans les débuts d’une relation.
Prendre un pas de recul
La crainte de l’engagement peut amener à se distancer d’une personne que l’on fréquente pour éviter de se confronter à des sentiments conflictuels. Prendre un pas de recul avant de quitter une relation, pour s’interroger sur ce qui nous pousse à quitter et les options qui s’offrent, peut être une bonne manière de se confronter à sa peur.
Demander de l’aide
Si la crainte devient envahissante, il est possible de discuter avec des personnes neutres pour voir la situation sous un nouvel angle. Il peut s’agir de discussions avec son entourage ou, encore, choisir une consultation en sexologie.
Voir aussi: Mon premier rendez-vous en sexologie
L’engagement n’est pas une prison qui enferme, mais une décision consciente qui peut soutenir la croissance d’une relation. Lorsqu’il est choisi librement, il devient un espace où l’on peut s’ancrer sans se perdre. Repenser l’engagement, c’est aussi se permettre de vivre des expériences amoureuses à son rythme et dans le respect de ses besoins.
Maya Roberge, stagiaire au baccalauréat en sexologie
Édité par Myriam Daguzan Bernier, sexologue B.A.
Sources :
Sternberg, R. J. (1986). A triangular theory of love. Psychological Review, 93(2), 119–135. https://doi.org/10.1037/0033-295X.93.2.119





Commentaires